Mardi 16 novembre 2010
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La Croix-de-la-Pigne, 16 novembre
La Tragédie de l’Obiou est terminée depuis ce soir, 5 heures.
Nous n’en gardons que le souvenir d’une femme éffondrée, soutenue par deux hommes qui tentaient de a consoler. C’était celle qui, venue de
Milan, dans une longue voiture noire, avait enfin reconnu son frère.
Il était 9h15 du matin quand, perçant le voile de brume qui s’abattait sur le téléphérique des Achards, le premier des malheureux pèlerins du
DC 4 revint de Rome.
Précairement arrimé sur une charge de bois, il fit sur le câble rouillé ses derniers mètres et s’arrêta parmi les assistants découverts.
D’autres allaient suivre, de 20 minutes en 20 minutes, pendant toute la journée. A 16h. environ, tout était terminé. Le dernier camion prit alors la descente étroite et boueuse qui conduit vers
la route départementale de la Croix de la Pigne et, quittant le monde cordial des sauveteurs, entra dans le monde officiel : cet autre Obiou. Mourir est infiniment long.
Une rude tâche : l’identification
Les choses avaient commencé dès le matin. Le froid d’avant-hier avait fait place à la neige. Il y avait encore des corps accrochés dans la
paroi, mais il y avait encore, aussi, des sauveteurs. Monsieur Germain, responsable National du Secours en Montagne, qui craignait la veille d’en manquer, en trouva près de cent à son rendez-vous
de 7 heures à la Croix de la Pigne.
Depuis six heures, les troupes avaient repris leur position. A 9h00, l’équipe de pointe, dirigée
par Monsieur BERGER, se trouvait au pied de la paroi. (Extrait du journal "les Allobroges")